Place de la République : là furent jouées des pièces de Dumas

En 1847, la place du château d’eau (actuelle place de la République) accueillait le Théâtre historique, construit pour jouer des pièces adaptées des romans de Dumas.



Si vous alliez relire Le Comte de Monte Cristo ou Les trois mousquetaires à l’ombre des platanes de la place de la République ? L’idée n’est pas si incongrue qu’il y paraît. D’abord c’est un bonheur de redécouvrir cette place si joliment rendue aux piétons. Ensuite, le fantôme d’Alexandre Dumas hante les lieux. 

 

Le lieu du Théâtre historique

C’est ici, au numéro 10 (l’immeuble qui abrite l’hôtel Crowne Plazza) qu’ont été mis en scène les romans historiques de Dumas. Ici, le grand écrivain fit en effet construire en 1847 le Théâtre historique (ancêtre lointain du  théâtre lyrique et du théâtre de la ville, place du Châtelet). La place de la République s’appelait alors la place du Château d’eau, une modeste place triangulaire, où ne débouchait alors ni le boulevard Magenta, ni l’avenue de la République (grandes voies percées sous le Second Empire).

 

Succès et revers de fortune

Mais revenons à Dumas. C’est, en fait, le théâtre qui l’a rendu célèbre. En 1828, sa pièce « Henri III et sa cour » connait un grand succès. Hélas, le théâtre va aussi bien vite ruiner le grand écrivain. Le public appréciera moins ses pièces suivantes. Et le « Théâtre historique » qu’il a fait construire place du Château d’eau pour mettre en scène les adaptations des ses romans va vite manquer de sous. Dumas, très endetté, est alors contraint de vendre le château qu’il s’était fait bâtir près de Paris et qui porte le nom d’un de ses héros, Monte Cristo. Et finalement ce sont les romans historiques, comme les Trois Mousquetaires, qui feront sa fortune. 

 

Un revanche sur la vie, à la manière de Monte-Cristo

Alexandre Dumas père, par le photographe NadarLa vie d’Alexandre Dumas est un roman. Elle débute par un drame : la mort de son père quatre ans après sa naissance, en 1802, à Villers-Cotterêts (Aisne). Une situation d’autant plus difficile qu’Alexandre Dumas est le fruit de mésalliances. Métis, il est le descendant d’une esclave noire et d’un marquis français émigré à Saint-Domingue. Surtout, il est, d’un côté, fils d’aristocrate par son père et, de l’autre, petit-fils d’aubergiste par sa mère. Elevé par ses grands parents maternels – les aubergistes -, il a pour seule instruction, celle qu’il s’est donné par ses lectures. Après des débuts difficiles – il est coursier chez un notaire – le jeune Alexandre a une revanche à prendre sur la vie. Lorsqu’en 1822, il monte à Paris et trouve à s’employer chez le duc d’Orléans, il s’introduit dans les salons littéraires où il découvre les nouvelles idées du romantisme. Il les applique dès 1829 au théâtre. Avec le triomphe à la Comédie Française de sa pièce “Henri III et sa cour”, il fait vite parti, des auteurs qui défrayent la chronique, aux côtés de son ami, Victor Hugo. 

Mais c’est au roman que Dumas doit sa gloire. Grâce à la mode des romans feuilletons dans les journaux, il publie Les Trois Mousquetaires (1844), Vingt Ans après (1845), Le Comte de Monte-Cristo (1845), La Reine Margot, (1847), Le Vicomte de Bragelonne (1848)... Succès populaire garanti !

 

Des amours tumultueuses

Mais le portrait de ce héros de roman serait incomplet, sans évoquer les amours tumultueuses - quatre enfants de quatre femmes différentes, dont l’écrivain Alexandre Dumas -, les voyages dans toute l’Europe et l’engagement politique : celui-ci le conduira jusqu’à Naples dans le sillage de Giuseppe Garibaldi, héros de l’indépendance italienne.


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